14.06.2023

Les coups de coeur de Jules Adam Mendras

Actualité

Plu­tôt issu de la radio hert­zienne au départ (la RTBF notam­ment, puis Radio Panik), c’est en fai­sant l’expérience de la prise de son en exté­rieur que Jules Adam Men­dras a, petit à petit, déri­vé vers la créa­tion sonore. Il a inté­gré le mas­ter radio de l’INSAS et dans le cadre de ce der­nier, il a réa­li­sé un stage au sein de l’acsr au mois d’a­vril der­nier. À cette occa­sion, nous lui avons pro­po­sé de nous par­ta­ger ses créa­tions favo­rites.

Sa sélec­tion incarne ce qui fait selon lui la spé­ci­fi­ci­té de la créa­tion radio­pho­nique, ce par quoi elle par­vient à s’extraire des res­sorts de la radio “tra­di­tion­nelle” – de son stu­dio clos et d’une parole tou­jours déte­nue par des sachant·e·s ou des privilégié·e·s. La créa­tion sonore est une façon pour lui de don­ner à entendre une nar­ra­tion per­mise par un consor­tium de sons et le mon­tage qu’y en est fait, c’est des voix mul­tiples, un rythme que l’on suit comme un pat­tern. C’est aus­si et sur­tout du temps. Du temps pour écou­ter ce sur quoi notre oreille ne se concentre pas natu­rel­le­ment, le temps pour les sono­ri­tés “sales” et les paroles hési­tantes et sur­tout le temps pour ce que la radio “tra­di­tion­nelle” n’a plus : le silence.

 

Les créa­tions sonores que vous recom­mande Jules ce mois-ci :

 

Monsieur le directeur de Corinne Dubien

Depuis l’expo uni­ver­selle en 1958 jusqu’aux mou­ve­ments de 1968,  la radio belge se méta­mor­phose. Son ser­vice d’information, le ton et le style des ani­ma­trices et ani­ma­teurs, sa rela­tion à ses audi­trices et audi­teurs…

 

Perle de Yasmina Hamlawi

La vie et le corps de Fos étaient régis par sa com­mu­nau­té, son père, son mari. Sou­mise et silen­cieuse, voi­là ce qu’on exi­geait d’elle. Pour mieux mar­quer cette prise de pou­voir, on lui a infli­gé le sceau de la sou­mis­sion en l’excisant dès l’âge de 6 ans.

 

L’escamoteur de Cabiria Chomel

Mes­dames et Mes­sieurs venez expé­ri­men­ter l’incroyable aven­ture de la magie à la radio avec l’unique et inimi­table Alain Demoyen­court !

 

Ainsi brament-ils de Matthieu Cornelis

C’est l’histoire d’une trans­mis­sion, d’un lien fort entre la nature et l’homme, d’une pas­sion com­mune pour le cerf avec toute sa sym­bo­lique, et, au bout du compte, d’une inévi­table confron­ta­tion. Benoît et Bap­tiste sont pas­sion­nés par le cerf. Expres­sion bes­tiale de la riva­li­té, le brame affec­te­ra-t-il leur com­pli­ci­té ?

 

Jouk li jou de Caroline de Berliner et Félix Blume

Port-au-Prince ne se tait jamais. De l’aube à l’aube, 2 mil­lions d’habitants, de coqs et de chiens déam­bulent sur des trot­toirs invi­sibles, livrés à eux-mêmes pour effa­cer les der­nières traces du séisme du 12 jan­vier 2010. Voi­ci les chants de ceux qui, chaque jour, cherchent à apai­ser la terre qui gronde ou à crier plus fort qu’elle.

 

Belong Anywhere de Chloé Malcotti

En 1913, l’entreprise belge Sol­vay ins­tal­la à Rosi­gna­no (IT, Tos­cane) une usine de bicar­bo­nate de soude. Elle occu­pa et amé­na­gea le pay­sage, et elle construi­sit une nou­velle ville pour ses ouvriers. Ailleurs, à par­tir de 1946, des Italien·nes arri­vèrent par mil­liers en Bel­gique dans le cadre des accords « bras contre char­bon » pour tra­vailler dans les mines de char­bon de la région lié­geoise. Gaby Maz­zan­ti­ni, est née en Tos­cane et elle est venue habi­tuer à Seraing avec son mari, arri­vé en Bel­gique avec sa famille dans le cadre des « accords ». C’est elle qui nous raconte et entre­mêle ces deux his­toires.

 

❃ Bonnes écoutes ! ❃۪